vendredi 23 janvier 2009

Pourquoi un mémorial à Nantes ?

Début 2010, commenceront les travaux du futur mémorial destiné à commémorer et dénoncer l'esclavage dont certains armateurs nantais ont tiré profit durant la traite négrière, principalement au XVIIIe siècle.

Jean-Marc Ayrault voulait ce mémorial. Un peu comme François Mitterrand parsemait Paris de ses grands travaux, M. Ayrault aime montrer qu'il fait "des choses" pour sa bonne ville de Nantes. Ce dernier projet n'est que la dernière étape en date d'une politique municipale socialiste basée sur les actions symboliques, médiatiques et surtout très coûteuses. Celles-ci sont d'autant plus faciles à réaliser qu'il s'agit de dépenser de l'argent public au profit de sa propre réélection.

Cette dépense est aussi d'autant plus malvenue, que la municipalité de Nantes se distingue déjà par un endettement abyssal : Nantes détenant à ce sujet le record des grandes villes de l'Ouest (2416 euros de dettes par habitant en 2007). Il est déjà tristement facile de dépenser l'argent des autres pour sa propre gloire, mais une telle pratique devient honteuse quand il s'agit d'endetter les contribuables en dépensant de l'argent public dont on ne dispose pas.

Certes, M. Ayrault profite également de ses réseaux socialistes pour glaner de l'argent à la Communauté Urbaine, au département ou à la région. Il n'en reste pas moins que cet argent reste public, que ce sont les impôts qui financent ces beaux projets politiques.

Bien sûr M. le maire-pharaon n'est pas qu'un bâtisseur, il ne s'agirait pas non plus qu'il oublie ses amis socialistes squattant la tête du réseau associatif nantais (Record de France des subventions : 491 euros par habitant en 2007). Non, M. Ayrault sait que pour rester en place, il faut nourrir un peu tous ces sympathisants, cette grande famille de gauche impossible à bâtir politiquement mais très réelle sur le terrain nantais.

Ainsi, le mémorial devrait coûter quelques 8 millions d'euros. Comment faire passer une telle dépense en temps de crise, alors que les entreprises licencient par vagues et que les salariés attendent un plan de relance local, alors que les demandes de subsides alimentaires s'accumulent en mairie de la part des associations aidant les populations les plus pauvres ?

C'est une question de principe : M. Ayrault a décidé, peu importe si ce projet se transforme en erreur politique (ce qui devrait probablement arriver au projet Estuaire également). Pour couronner le tout, la solution technique la plus chère semble avoir été retenue. Pourquoi en effet songer à économiser quelques centaines de milliers d'euros ?

Mais au-delà de ces questions budgétaires, c'est également la nature de ce projet qui est discutable. En pleine crise, alors que le moral des ménages est au plus bas, est-ce réellement une priorité de culpabiliser les Nantais sur leur passé ? L'auto-flagellation des mémoires a-t-elle un sens quand il est déjà difficile d'envisager un avenir serein ?

Non content de compromettre les générations futures avec un endettement massif, M. Ayrault leur rajoute le boulet des fautes de leurs ancêtres. Or, alors même que l'histoire est une chose essentielle, nous ne pensons pas que juger les actes du passé avec la morale du présent soit une chose particulièrement utile.

A une époque, l'esclavage était généralisé et moralement acceptable, tout comme la peine de mort, la monarchie absolue, la censure, le servage, la torture ou autres pratiques aujourd'hui condamnables. Si tous ces actes apparaissent odieux aujourd'hui, nous ne sommes pour autant pas responsable du comportement de nos ancêtres.

Ainsi, un tel mémorial, outre son coût, relève d'une logique anachronique mêlant le passé et le présent et consistant à soulager une conscience collective actuelle qui n'a rien à se reprocher. Le mémorial est donc pure volonté d'un homme politique, qui s'il était jugé d'une telle manière par les futurs contribuables nantais, donnerait sans doute son nom à un mémorial de la dette publique, voire même du clientélisme politique : pratiques qui, nous l'espérons, seront moralement condamnables dans un avenir proche.

lundi 19 janvier 2009

Compte-Rendu de la réunion du 14 janvier 2008

Le comité 44 du PLD a tenu sa réunion mensuelle le 14 janvier au café "Le Rive Droite", rue Santeuil à Nantes.

L'essentiel des discussions a porté sur les perspectives économiques assez sombres pour l'année 2009. Les solutions apportées par les différents gouvernements : surenchères de plans de relance, émission monétaire, baisse des taux d'intérêt, recours massif à l'endettement... ne semblent pas en mesure de régler le problème. Au contraire, substituer les forces économiques privées par une dépense publique de plus en plus pléthorique, nous semble porteur de désillusions certaines.

L'essentiel des dysfonctionnements qui ont amené à la situation d'aujourd'hui restent à l'oeuvre, et les réformes nécessaires (la plupart libérales) pour y remédier semblent au contraire avoir connu un point d'arrêt avec la crise, essentiellement par frilosité politique. Si la dépense publique peut sans doute faire bonne figure quelques années, la prochaine crise sera d'autant plus calamiteuse que les Etats semblent avoir tirer là leur dernière cartouche (sans doute seront-ils alors contraints de tirer alors à balle réelle...)

Ainsi, dans ce climat peu enclin à l'optimisme, nous n'avons pas voulu sombrer dans le sinistrose, et nous avons essayer au contraire de porter notre attention sur tous les aspects positifs à développer dans notre action politique (Après un Ministère de la relance économique, sans doute peut-on suggérer à Nicolas Sarkozy la création d'un Ministère de la pensée positive. Jean-Pierre Raffarin et sa "positive attitude" serait sûrement prêt à assumer la conduite d'un tel projet).

Concernant la vie politique locale, le comité 44 envisage le rapprochement avec certains membres d'Alternative Libérale Nantes afin de mettre en place une réflexion commune. Le Comité déplore en revanche, la disparition des instances locales de Liberté Chérie. Néanmoins, nous observons que, sur le plan national, cette association fait preuve d'une belle initiative avec l'opération Salaire complet qui permet de mettre fin à l'hypocrise des bulletins de salaire et de faire comprendre aux salariés combien leur coûte réellement l'Etat français.

Vincent Bénard, toujours de bonne humeur, nous a également fait part de son intervention du 13 janvier à l'Assemblée Nationale au sujet de la crise, en compagnie notamment d'Alain Madelin et d'Aurélien Véron, président du PLD. Sa prochaine intervention aura lieu dans le cadre du Cercle Frédéric Bastiat, à Bayonne, le 12 février 2009.

Participation à l'Union Centriste 44

L'ancien parti centriste UDF réfléchit aux modalités d'une refondation politique du centre.

En effet, depuis la création du Modem par François Bayrou qui a induit la dislocation de l'UDF, une grande partie des anciens de ce parti ne se reconnaissent pas dans cette nouvelle formation, et se retrouve ainsi orphelins de tout parti, tout en continuant à occuper parfois des responsabilités locales.

A l'initiative du sénateur Jean Arthuis, une réflexion est actuellement en cours pour refonder un grand pôle centriste. Celui-ci existe déjà plus ou moins de fait au Sénat, où il a fait entendre sa voix lors du vote de la réforme de l'audiovisuel public (en désaccord avec la volonté présidentielle). Des associations temporaires locales (souvent appelées Union Centriste) ont été créées dans plusieurs département pour réfléchir à la mise en oeuvre de ce pôle.

Le comité 44 du Parti Libéral Démocrate participe à cette réflexion. L'objectif est d'échanger avec les formations politiques centristes en représentant au mieux les idées libérales, et d'envisager la question d'éventuelles coopérations à l'échelle locale.

Ainsi, certains membres du comité participeront à la réunion "Union Centriste 44" du 5 février 2008 à laquelle participera Jean Arthuis.