vendredi 13 février 2009

Le regard du PLD 44 sur la rencontre avec Jean Arthuis à Nantes

Jeudi 5 février, quarante personnes environ ont assisté à une réunion publique à Nantes présidée par le sénateur de la Mayenne et Président de la Commission des Finances au Sénat, Jean Arthuis. Le PLD 44 était présent par l’intermédiaire de son président.

M. Arthuis a fait le déplacement pour rappeler son initiative de rassemblement des partis du Centre à partir d’une base politique ayant majoritairement appartenue à l’ancienne UDF. En Loire-Atlantique, une association « Union Centriste 44 », présidée par Jean-Yves Bocher, a été créé pour réfléchir à ce projet et à ses moyens de mise en œuvre sur le plan local.

Premièrement, suite à son intervention, nous sommes restés assez dubitatifs sur la capacité de M. Arthuis à rassembler des forces si diverses. Certes, il dispose d’un puissant réseau de militants (surtout dans l’Ouest de la France), d’élus et de sénateurs, mais il s’agit là d’une famille aujourd’hui éclatée aux sensibilités et aux intérêts assez divers.

Mais surtout, en insistant sur les seuls aspects négatifs des alliés potentiels (principalement le Modem et le Nouveau Centre), M. Arthuis n’a pas été des plus rassembleurs. En effet, il a surtout insisté sur le côté volage du Modem, prêt à toutes les alliances à droite comme à gauche pour avoir des sièges. Quant au Nouveau Centre, il n’a été présenté que comme une annexe de l’UMP, sans réel avenir. Il y a de meilleures façons de traiter ses futurs partenaires !

Deuxièmement, M. Arthuis, en tant qu’expert des questions financières, était aussi venu parler de sa vision de la crise. Si nous partageons à peu près son analyse de fond, nous restons néanmoins assez sceptique quant aux stratégies proposées pour l’avenir. Le principal point de désaccord se focalisant sur la vision protectionniste de M. Arthuis concernant les marchés, l’industrie et l’emploi. N’ayant pas ici le temps d’argumenter sur cette question, nous vous renvoyons à l’article suivant.

Pour faire court, M. Arthuis voudrait faire de l’Europe un espace protégé, car il faudrait cesser d’être naïf face aux réactions volontaristes de nos concurrents (protectionnisme déguisé, subventions, etc.). Nous soulignons juste les dérives qu’un telle position peut engendrer à l’avenir, notamment à travers la possible émergence de tensions entre blocs supranationaux, l’asservissement des pays du Sud pour qui le libre-échange constitue aujourd’hui la base du développement, et enfin le déclin progressif de notre nation et plus globalement du continent européen à travers un rétrécissement de nos marchés accentué par notre régression démographique, un recul de l’innovation, et un repli sur soi néfaste à notre développement.

En revanche, nous ne pouvons que partager la vision « anti-déficits » de M. Arthuis, qui n’a pas manqué de souligner les dangers de l’endettement français devenu maladif. Pourtant, nous pouvons aussi remarquer que M. Arthuis a une part de responsabilité dans cette situation, ne serait-ce qu’en tant qu’ancien Ministre des Finances. Il nous avoua même qu’il avait voté cette année ce budget si calamiteux !

Si une personne aux fonctions si éminentes ne semble ainsi n’avoir que peu de pouvoir quant à la mise en pratique de ses convictions profondes, cela nous semble assez décourageant pour nous, simples militants. A travers son discours, il faut donc souligner le risque d’une certaine « décrédibilisation » de la fonction politique révélée par un découplage évident de l’action et du discours.

Troisièmement, M. Arthuis a rappelé son intérêt pour la mise en place de la « TVA sociale » afin de libérer les charges pesant sur le coût du travail en France. Si nous partageons la vision d’une fiscalité écrasante pour les entreprises, elle ne saurait pour nous être remplacée par un prélèvement supplémentaire sur la consommation des ménages. Nous pensons que l’Etat doit d’abord limiter son train de vie et abandonner de nombreuses prérogatives au secteur concurrentiel. A notre avis, seule une limitation de la pesanteur étatique peut produire un budget équilibré sans alourdir un fardeau fiscal déjà compromettant pour notre pouvoir d’achat et notre compétitivité.

En conclusion, le PLD 44 reste attentif à l’initiative locale « Union Centriste » car il semble partager avec ses membres de nombreuses valeurs communes. Des coopérations étroites sont ainsi envisageables, les éventuelles divergences de vue pouvant faire l’objet de débats constructifs.

En revanche, sur le plan national, si M. Arthuis semble bien positionné pour impulser un élan créateur à ce futur nouveau parti « des Centres », sa vision dans l’ensemble assez peu libérale et son incarnation assez traditionnelle de la politique nous laissent assez réservés. Néanmoins, nous ne pourrons que forger réellement notre opinion qu’à la lumière de ses futures actions.

1 commentaire:

  1. Monsieur Jean Artuis n'avait donné aucune suite un premier contact au niveau national en juin dernier lui, Aurelien Veron, louis Mangin et Bruno Morin pour le PLD(malgré une RDV prometteur) .. constatations analogues à celle de ce contact.
    du coup contacts locaux prometteurs union centriste 04 et PLD 04 au point mort

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