lundi 11 mai 2009

L'université : nouvelle zone de non-droit

Depuis plusieurs mois, les universités françaises s'illustrent encore une fois d'une manière peu brillante. Elles semblent renvoyer au monde l'image qu'on attend d'elles : des établissements bloqués, comme si la grève faisait partie intégrante du patrimoine de la France.

Pourtant, ces blocages ne sont que la conséquence de la faillite du système universitaire. En effet, nos facultés meurent peu à peu. Elles sont de plus en plus inadaptées au monde du travail, et même au monde de la recherche, notamment par rapport aux laboratoires étrangers.

Ayant perdu de sa superbe, l'université française est atteinte de médiocrité. Sans sélection, elle accueille aussi bien les élèves motivés que tous les "perdus" de l'après-bac qui pensent surtout à la liberté qu'ils vont y trouver. Si elle arrive encore à faire rêver certains étudiants issus de pays défavorisés (du moins jusqu'à ce qu'ils y arrivent), son image se ternit d'année en année, et les actuels mouvements de blocage ne viennent pas améliorer les choses.

Les diplômés n'ont jamais été aussi nombreux, mais la qualité des diplômes n'a jamais été aussi mauvaise. Bref, un beau gâchis pour notre Etat déjà si endetté, alors que la recherche devrait être au contraire au coeur de ses préoccupations pour favoriser la future compétitivité de notre pays.

Mais le rituel du blocage des facs est devenu quasiment annuel. Il est orchestré par une minorité d'étudiants souvent très politisés, et marqués par des idées anarchistes ou d'extrême-gauche. Ce n'est pas un hasard, si ces idées sont particulièrement populaires dans les facultés de sciences humaines, l'enseignement étant particulièrement orienté, et le peu de débouchés professionnels pour les étudiants entretenant logiquement un certain sentiment de révolte face à une société qui ne les considère pas.

Mais face à la multiplication de ces coups d'Etat, de ces révolutionnettes locales ou de ces guérillas urbaines, que peut faire l'individu qui veut étudier ? Il est l'ennemi, le rabat-joie qui veut étudier, le collabo qui veut briser le mouvement.

Certains pourtant dénoncent la dictature gauchiste dont souffre la plupart des facultés françaises. Ils essayent de faire valoir le suffrage universel ou d'organiser des mouvements de protestation. Réaction de la part des blocages : une dénonciation de la démocratie (merci Staline) voire même des agressions. Nous rappelons que récemment à la faculté de Nantes, des étudiants anti-blocages ont été frappés sans ménagement alors qu'ils ne faisaient qu'exprimer leur opinion ! Certaines des victimes ont dû subir plusieurs jours d'incapacité de travail.

Mais que fait la police, puisque selon nos militants bloqueurs, nous sommes censés vivre dans un Etat ultra-sécuritaire et ultra-fliqué ? Rien, l'apaisement ou la frousse de la part de l'administration et du monde politique. En effet, il n'est peut-être pas judicieux de se mettre à dos une jeunesse dont l'avenir paraît plus qu'incertain (par crainte d'un supposé mouvement social d'envergure), mais il est surtout honteux de laisser mourir l'université française, sans autre réaction que l'ondulation du brushing de Valérie Pécresse aux multiples réunions de médiation.

Si la réforme proposée est un tout premier petit pas vers l'autonomie et va a priori dans le bons sens, elle reste cependant largement à approfondir. C'est pourquoi, il ne faut pas céder face à des bloqueurs qui méprisent l'intérêt général au nom de leur idéologie (et peut-être de leur intérêt personnel, pensant peut-être que leur diplôme leur sera attribué sans qu'ils aient à travailler !).

Devons-nous continuer à faire financer par l’ensemble des Français cette formation à la confrontation et au blocage du pays sans réagir ? Sans pour autant envoyer automatiquement les CRS et laisser la situation s'envenimer, nous demandons une intransigeance de la part du gouvernement et une accélération des réformes pour la réussite des établissements et de leurs étudiants.

Ainsi, lorsque des campus réputés pour leur fermeture récurrente pour grève constatent une baisse des inscriptions, le Parti Libéral Démocrate en demande la fermeture pour attribuer leur budget aux campus qui voient au contraire les inscriptions augmenter. Nous voyons là un moyen juste et efficace de sanctionner les campus irresponsables et de récompenser ceux qui ont une bonne réputation.

Lire aussi à ce sujet : 

Le sabotage des universités souligne la dégenerescence de leur gestion étatisée, Objectif Liberté (blog de Vincent Bénard, pdt de l'Institut Hayek et membre du PLD 44)