mercredi 4 janvier 2012

Chers Amis Libéraux, Adhérents du PLD,
Je viens de vous adresser dans un mel précédent une invitation pour le 19/01, lieu et heure habituels. (communiqué sur demande pour ceux qui le souhaite) Mais je souhaite avant cette réunion recueillir d'urgence votre avis sur un problème que j'avais esquissé lors de notre dernière réunion.
Deux options s'affrontent pour la position du PLD en 2012, pour les présidentielles et les législatives.  
1) Le problème : Aujourd'hui, le PLD peine à grandir. Nous sommes sympathiques, nos deux principaux dirigeants, Daniel Tourre et Aurélien Véron, arrivent à écrire par ci par là une tribune dans les journaux, mais au delà de cela...
Nous avons eu quelques candidats, qui, à force d'acharnement, souvent seuls ou en très petits groupes, ont réussi à faire des scores honorables en 2011 aux cantonales, et à Nantes, nous avons la chance d'en compter un, puisque Laurent Revranche à raté pour deux voix la barre des 5%. Mais cela ne suffira pas à faire exister le parti autrement que anecdotiquement.
Le PLD doit impérativement grandir, sous peine de risquer l'essoufflement, voire l'étouffement. Le problème est que le PLD n'aura pas les 80 candidats nécessaires aux législatives pour pouvoir être éligible aux financments publics (il faut que 50 candidats fassent au moins 1%, et pour cela, 80 candidats est un bon début) de partis politiques. Je sais que pour un parti libéral, chercher à être éligible à des fonds publics est un peu dérangeant, mais ce n'est pas nous qui avons écrit la règle du jeu, et avant de pouvoir la modifier, il faut être plus fort. Pouvoir recueillir une partie de ces fonds est un enjeu fort pour les finances du PLD à l'avenir.
Aujourd'hui, les finances du parti sont saines mais sur des montants ridicules, qui ne nous permettent pas de mener des actions significatives. Un accord avec d'autres partis ayant des problèmes pour atteindre les 50X1%, permettant de présenter des candidats avec une étiquette commune et un contrat de partage des fonds après élection au prorata des voix, serait un moyen de contourner ce problème de masse critique. Je précise que c'est parfaitement légal. On peut appeler cela une "alliance technique", pour lui donner un nom. Lors du CN de décembre, nous avons exclu d'emblée les "alliances techniques folkloriques": chasseurs, ligue anti radars routiers, etc... qui nous avaient fait des appels du pied. Nous n'avons rien à faire avec des bidules pareils, nous sommes un parti politique, pas des chasseurs de primes. Mais en revanche, nous n'avons pas exclu la possibilité d'alliances "présentables", sous réserve de leur adoption par un processus démocratique irréprochable à l'intérieur du parti. Aurélien Véron a fait une proposition au Conseil national, à charge pour nous de la démultiplier aux adhérents. Cette proposition fait polémique, et une contre proposition est en cours d'élaboration par Daniel Tourre, premier conseiller. Afin d'éviter que cette opposition, étape normale de la vie d'un partie adulte, ne tourne au psychodrame comme en 2007, ce dont les plus anciens doivent se souvenir avec peine, il a été décidé que les deux motions seraient proposées au vote d'ici fin janvier, a moins qu'un compromis n'émerge lors du conseil national du 14. Je vais vous présenter les grandes lignes de deux motions, puis mon avis personnel. Les deux intervenants adresseront une motion complète aux adhérents dans les prochaines semaines, donc j'espère ne pas trahir ce qu'ils écriron, que je retranscris de mémoire.  
1 - Proposition d'Aurélien Véron: Une alliance avec... François Bayrou ... Oui, je sais, Bayrou ... François Bayrou n'est pas spécialement libéral, nous le savons, et la discorde de 2007 au sein du parti Alternative Libérale (pour les plus jeunes: l'ancêtre du PLD) est née autour du soutien à François Bayrou. Mais le problème venait surtout du manque de démocratie interne au sein d'AL, et de la mise des adhérents devant le fait accompli. Pas de celà ici: cette proposition est mise sur la table à l'avance et ouverte à la discussion avec les adhérents. Quel accord possible, sur quelles bases, et pourquoi ? Quel accord: le PLD soutiendrait François Bayrou pour la présidentielle, en contrepartie d'un accord de partage d'investitures entre le MODEM et les partis adhérents au deal (principalement le PLD et peut être un autre parti centriste). Le soutien serait "critique": en gros, Bayrou est le seul candidat a prendre au sérieux la question de la réduction de la dépense publique et de la dette, question cruciale. Nous ne perdrions pas le droit de le critiquer sur d'autres aspects, à condition que la critique soit constructive (éviter de le traiter de noms d'oiseaux, etc...)
Avantages de l'accord : Le MODEM est comme nous: un problème de masse critique pour atteindre le seuil de financement des 50X1%, même si eux ont un peu moins de marche à gravir que nous. Ils ont une marque connue, et quelques fidèles. Et surtout, un leader que tout le monde connait à défaut d'apprécier. L'accord permettrait aux candidats aux législatives d'avoir une circo dégagée au centre et de profiter d'un très probable désamour de l'UMP pour scorer, et, qui sait, avoir plusieurs scores supérieurs à 5%, synonymes non seulement de remboursements individuels pour les candidats, mais aussi de meilleures finances pour le parti par la suite. Les candidats seraient libres de faire une campagne libérale sans reprendre les thèmes de F. Bayrou. Le ton de la campagne cantonale de Laurent serait parfaitement adapté: idées libérales plaquées sur des problématiques locales, plus questions nationales parce que ce sont des législatives, tout de même. Simplement, il faudra éviter des attaques frontales contre Bayrou, logique, les adversaires sont d'abord Sarkozy et Hollande.
MAIS CELA DONNERAIT A NOS IDEES UNE FENETRE DE VISIBILITE MEDIATIQUE que nous ne pourrions espérer en cas de non alliance.
Enfin, selon Aurélien, des déçus de l'UMP et du NC seraient prêts à rejoindre le parti (voire à amener un peu de sous) si nous présentons une stratégie montrant notre capacité à grandir, à nous allier le moment venu, à nous intégrer dans le jeu politique tel qu'il est avant de pouvoir être en mesure de changer les règles nous mêmes. Inconvénients de l'accord Les idées présentées par Bayrou ne sont qu'un assemblage hétéroclite d'idées dont le caractère libéral est assez évanescent. Nous allier avec Bayrou ne peut que brouiller notre image. En outre, nous risquons de faire passer la gauche.
Proposition alternative de Daniel Tourre : Daniel propose d'utiliser notre embryon de visibilité médiatique pour devenir les leaders du "parti de l'abstention", en arguant, auprès de nos adhérents, que les libéraux en ont assez d'être cocufiés, et, vis à vis de l'extérieur, que le système est verrouillé par les grands partis, que les candidatures de "témoignage" n'ont pas de conséquence réelle sur la vie politique du pays, et que le seul moyen de provoquer un choc contre le système UMPS sans sombrer dans les illusions Le Pen ou Mélenchon, est de se positionner comme les leaders du premier parti de France, celui des abstentionnistes. En terme médiatique, cela voudra dire Pilonner tous azimuths. (Daniel doit affiner sa proposition, d'où ma présentation assez courte, qui pourrait paraitre partiale)  
Avantages de la proposition : Nous pouvons amener de nombreux compatriotes qui sont bien plus libéraux qu'on ne le croit à nous voir comme le seul recours face au système UMPS.  
Inconvénients de la proposition: Aux législatives, nous serons seuls, et donc nous condamnons à rester un parti de très petite taille jusqu'en 2017 Mon avis personnel : Je précise que ce n'est que mon avis aujourd'hui, mais que je compte bien porter au CN la diversité des opinions que vous aurez exprimées. Quelle que soit l'intelligence et l'originalité de la proposition de Daniel Tourre, elle ne me parait pas viable. Parmi les adhérents, la proportion de militants réels est trop faible pour mener des actions d'envergure dans notre configuration actuelle, et les quelques militants actifs finiront par se lasser si nous restons en l'état. L'alliance avec Bayrou est un risque mais aussi une opportunité, à condition que nous puissions bien la gérer. Les conditions sont: - Pouvoir faire campagne localement sur nos thèmes - Ne pas modifier notre programme national pour faire plaisir à FB. - Avoir un vrai accord permettant vraiment zéro conflit de circonscription et l'utilisation de la marque "modem" en plus de la marque "PLD". (désolé d'utiliser ce langage commercial, mais c'est bien ce dont il s'agit) -
Au plan local, liberté laissée à un candidat de ne pas soutenir Bayrou (mais dans ce cas, évidemment, on ne pourra pas négocier de circo dégagée si un candidat modem se pointe).
Et communiquer intelligemment sur les quelques points positifs du discours de Bayrou. Je pense qu'en 2014 et 2017, personne ne nous reprochera une alliance bien conduite en 2012 si elle donne de bons résultats. Et si elle donne de mauvais résultats... et bien de toute façon, nous ne serons pas plus bas qu'aujourd'hui. Certes, moi aussi, afficher un soutien à Bayrou me fait "mal quelque part". Mais en restant isolés par "pureté idéologique", nous nous condamnons à la marginalité. Si les conditions ci dessus sont réunies, OK pour la proposition d'Aurélien. Si elles ne le sont pas, alors la proposition de Daniel redeviendrait mon premier choix. ...
N'hésitez pas à donner votre avis, à faire des propositions complémentaires ou des contre propositions. Le choix qui se présente à nous, quel que soit le choix finalement retenu, doit d'abord être le premier vrai test de la qualité de la démocratie interne au PLD. Bien librement,
Vincent BENARD,
Conseiller National
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vincent@benard.com
VOEUX du PRESIDENT  :
Madame, Monsieur,
Au nom du Parti Libéral Démocrate, je vous souhaite une très bonne année 2012 à vous et à vos proches. Comme vous, j’espère voir cesser le recul de nos libertés civiles, sociales et économiques. Nous devons hélas affronter une crise des finances publiques que nous annonçons depuis notre création en 2008, et qui va probablement prendre de l’ampleur dans les prochains mois.
L’Union européenne est fragilisée au point que le risque d’une explosion de l’euro n’est plus exclu. Notre économie souffre de plus en plus et le chômage poursuit sa hausse. Une réforme en profondeur de notre modèle économique et social s’impose de plus en plus clairement si nous voulons éviter une faillite généralisée dont les premières victimes seraient les Français les plus fragiles.
Nous nous trouvons aussi à la veille d’échéances électorales cruciales. Comme vous le savez, aussi regrettable que cela puisse être, la vie politique française est dominée par la présidentielle. Or, nous sommes confrontés une fois de plus à l’absence de candidat réellement libéral à la présidentielle. Ce constat conforte la pertinence du PLD pour porter un message libéral qui a disparu du paysage politique.
Pour autant, notre engagement est celui de l’action politique, pas de l’isolement dans la marginalité.
À la mi-janvier, au terme d’un débat interne important sanctionné par le vote de nos membres, le Parti Libéral Démocrate annoncera sa position pour 2012. Nous partageons tous une certitude au PLD.  
La France souffre du verrouillage de la vie politique par le PS et l’UMP, aux manettes à l’échelon local et/ou national depuis plus de trente ans. Nous leur devons l’absence de renouvellement des idées, un modèle social sclérosé, une économie empêchée de réaliser son plein potentiel, une dette insoutenable, un Etat obèse et omniprésent, un délitement de nos institutions, une corruption des plus hauts échelons de la classe politique (révélée par les affaires Chirac, Takkiedine ou Guérini) et la mise sous surveillance progressive de nos libertés. 
Notre rejet de ce duopole politique, entretenu par un mode de scrutin et de financement de la vie politique sur mesure, est aussi fort que notre rejet des discours populistes d’extrême droite comme d’extrême gauche.
Notre conviction profonde est que la sortie de crise du "modèle français" passe nécessairement par la baisse de la dépense publique, notamment sociale, la modernisation de l’Etat et l’ouverture de nos secteurs protégés à la concurrence. Les administrations devront faire mieux avec moins.
Une vraie politique de l’offre devra se substituer à la politique traditionnelle de la demande, qui s’est montrée inefficace.
Nous devrons enfin restaurer nos libertés confisquées pour passer d’un État-providence en faillite à la société de confiance, seule capable de nous redonner espoir. Ce sont ces idées de liberté et de bon sens que nous continuerons à porter cette année avec la conviction qu'elles sont plus que jamais nécessaires.
Bon courage pour cette année périlleuse, vive la Liberté !
Aurélien Véron
Président du Parti Libéral Démocrate