dimanche 21 avril 2013

Nantes : Compte rendu de la réunion publique du 20 Avril 2013

Réunion publique du Parti Libéral Démocrate en présence de l’UDI et de la CGPME

Photo : De Gauche à Droite: Isabelle Mérand (Parti Radical 44), Philippe Moreau (CGPME44), 
Aurélien Véron (PLD), André Moguérou (PLD), Laurent Revranche (PLD 44).

Des propositions pour combattre la crise et relancer l’emploi

A l'invitation de Laurent REVRANCHE, Président du PLD44, Isabelle Mérand Vice présidente du Parti Radical, Olivier Deschanel président de l'Alliance centriste 44, et représentants de l'UDI sur l'agglomération Nantaise, Aurélien Véron et André Moguérou, président et Vice Président du Parti Libéral Démocrate, ont animé samedi 20 Avril matin une réunion publique sur le thème de l'entreprise et de l'emploi, devant plus de 80 personnes, à Saint Herblain. La réplique leur a été donnée par Philippe Moreau et Christophe Desarthe, de la CGPME de Loire-Atlantique.

Un tableau alarmant de la situation économique française a été dressé : Les entreprises françaises ne dégagent plus assez de marge et ne peuvent plus investir, ce qui entraîne récession et chômage.
Les interventions et débats ont permis de dégager un consensus sur l'urgence de prendre quelques mesures simples :

− Cesser de surtaxer le capital. Seul un capital abondant permet de créer des emplois durables.
− Les entreprises étouffent, de taxes parce que le secteur public français coûte trop cher. (L'état et les collectivités locales doivent se lancer dans une vraie réorganisation, permettant d'économiser plusieurs dizaines de milliards annuels. Notamment, la suppression du département doit être une priorité).
− Trop de normes entravent les entreprises, et surtout les plus petites, qui ne peuvent pas gérer
cette complexité. (Le PLD demande un moratoire sur toutes les normes opposables, le temps
de produire enfin une véritable loi de simplification législative).

− Supprimer les obstacles au licenciement, qui incitent les entreprises à embaucher le moins
de salariés possibles, et ce qui ferme de nombreuses portes aux chômeurs.
− Créer rapidement un véritable choc de compétitivité en supprimant des charges sur les
salaires, les 35 milliards de la branche « famille » de la sécurité sociale, à charge pour le
gouvernement de trouver les moyens d'en réduire le poids sur le budget général.

En outre, le PLD souhaite que certains tabous de la politique française soient enfin traités
courageusement et sans démagogie :

− Le SMIC, qui empêche les jeunes peu qualifiés d'entrer sur le marché du travail, doit être
au moins diminué, voire supprimé, comme dans les pays nordiques et l'Allemagne, dont les
salaires moyens sont pourtant très supérieurs aux nôtres.
− Le niveau trop élevé de l'assistanat, qui pousse des familles entières vers la précarité et la
pauvreté durables, doit faire l'objet de réformes de fond.
− Il faut séparer l'économie de l'état en coupant tous les robinets des subventions aux
entreprises, tels que la désastreuse BPI, en contrepartie de baisses majeures des taxes qui les
frappent.

Toutes ces propositions ne sont pas nouvelles mais les partis politiques établis continuent à faire la sourde oreille. Le milieu politique traditionnel français ne connaît pas l'entreprise.


Plus de détails :
Aurélien Véron constate que malgré l'ampleur de la crise vécue depuis 2008, les deux principaux
partis restent engoncés dans des réflexes d'un autre âge: Le PS continue de confondre économie et lutte des classes, et l'UMP, marchant dans les traces de Front National, se contente de désigner des bouc-émissaires: étrangers, mondialisation...

Le PLD, fort de ses nombreux adhérents issus du monde de l'entreprise, fait un autre diagnostic, et propose des mesures simples mais fortes, à contre-courant des bricolages politiquement corrects qui annoncent beaucoup mais ne changent pas grand chose, pour remettre la France sur la voie de la création d'emplois.

En France, nous ne manquons pas de fleurons (luxe, aviation, etc...) reconnus à l'échelon mondial, et les créations de petites entreprises restent dynamiques: la France reste un pays où il y a beaucoup de gens ayant l'esprit d'entreprise. Mais contrairement à nos voisins allemands, nos petites entreprises n'arrivent pas à grandir: nous avons trois fois moins d'entreprises dites « intermédiaires » que l'Allemagne. Pourquoi ? Parce que nos entreprises n'ont pas la capacité d'accumuler du capital.

Le Capital, l'épargne, c'est ce qui reste quand l'on a payé sa consommation et ses taxes. C'est de
l'argent qui a déjà été taxé. Le présent gouvernement, poursuivant et amplifiant les erreurs du
précédent, a décidé de taxer les plus values de l'investissement jusqu'à plus de 60% : Qui peut
prendre le risque de tout perdre et de laisser argent et santé dans une entreprise, qui une fois sur
deux se terminera par la faillite, si c'est pour se voir retirer plus de la moitié du fruit de sa réussite ? Il faut au contraire admettre que sans capital, il ne peut y avoir d'investissement productif de
qualité, et donc pas d'emplois de qualité, que les entreprises pourront bien rémunérer. Il faut en
finir avec le dogme de la taxation du capital « alignée » avec celle du travail, et revenir à une
taxation du capital faible, compétitive par rapport à celle de nos concurrents !
C'est à ce prix que nos meilleurs jeunes pourront créer des entreprises performantes en France plutôt qu'en Grande Bretagne où aux USA.

En outre, les charges payées par les entreprises sont devenues étouffantes et hors de tout contrôle. Les entreprises françaises ont un taux de marge brute inférieur de 12 points (26% contre 38) à celui de leurs concurrentes allemandes: à terme, cette situation est mortelle pour nos entreprises. Philippe Moreau, de la CGPME, estime que la situation est devenue insupportable. Ainsi, la « Charge Foncière des Entreprises », qui devait les soulager de la taxe professionnelle, a été tellement mal conçue que nombre d'employeurs ont en fait subi des augmentations supérieures à 100% !

Pour créer un véritable choc de compétitivité, le PLD propose dès à présent de retirer 35
milliards destinés à la branche « famille » de la sécurité sociale des charges pesant sur les
salaires. Ce n'est pas au travail de subventionner la politique familiale ! A l'état, ensuite, de
s'interroger sur le bien fondé des dispositifs d'allocation, et d'en réduire le poids sur le budget
général, en les rationalisant.

Et que dire de l'inflation normative ? Dans les cinq années du Mandat précédent, le code du travail s'est « enrichi » de 800 articles ! Tant M. Moreau que M. Véron constatent que la plupart des entreprises préfèrent embaucher a minima, et jonglent avec la sous-traitance et les contrats précaires pour gérer leurs variations d'activité. La justice prud'hommale, en outre, tend à interpréter de façon très défavorable aux entreprises la complexité ambiante, ajoutant coûts et insécurité juridique à l'entreprise. Le PLD ose affirmer que supprimer les barrières au licenciement profitera d'abord aux salariés, qui, trouvant plus facilement un nouveau travail, pourront même mieux faire jouer la concurrence entre employeurs et forcer ainsi ces derniers à verser de meilleurs salaires, et à proposer de meilleures conditions de travail.

André Moguérou, fondateur de nombreuses entreprises et aujourd'hui consultant et capital-
investisseur, rappelle que si 62% des entrepreneurs sont des autodidactes, l'inflation normative,
qui découle elle même de la multiplication des instances publiques et parapubliques qui veulent
justifier leur existence, rend bien plus difficile qu'autrefois l'ascension sociale par l'entreprise pour
les personnes les moins qualifiées mais les plus dynamiques. Aujourd'hui, créer un business de zéro en se conformant à toutes les normes et procédures imposées par le législateur est tout simplement hors de prix.

Tant la CGPME que le PLD rappellent qu'un certain nombre de ces lois et normes ont eu pour effet de favoriser des grands groupes au détriment des petites entreprises: c'est le cas, notamment, dans la téléphonie, ou dans la distribution, où les lois (Royer, Raffarin, Galland, etc...) organisent un oligopole qui met une pression insensée sur les petits fournisseurs. Pourtant, comme le constate André Moguérou, les technologies permettent aujourd'hui à nombre de petites entreprises de contourner cet oligopole, permettant à leurs salariés d'augmenter leurs revenus. Mais avec le niveau de réglementation qui est le nôtre, le développement de ces alternatives concurrentielles reste entravé. Le PLD appelle d'abord à un moratoire sur toute nouvelle norme, et que pendant le temps de stabilité ainsi gagné, une véritable simplification soit élaborée pour une mise en oeuvre rapide. Ce n'est pas à une « dérégulation », terme caricatural employé par ceux qui vivent de la sur-réglementation, que nous appelons de nos voeux, mais un retour de la règle à une philosophie simple, fondée sur les résultats plutôt que sur les moyens, et laissant aux acteurs économiques le choix des moyens pour y parvenir.

Autre barrière à l'emploi: le SMIC ! Oser toucher à cette vache sacrée de la politique française peut paraître dur, mais rappelons qu'aucun pays nordique ne possède de salaire minimal, et qu'ils ne sont pas des enfers sociaux, bien au contraire. Ces salaires d'entrée permettent aux jeunes de trouver un premier emploi et 'acquérir une expérience qu'ils pourront ensuite valoriser. Le PLD demande sa suppression.

Pour financer ces baisses de charges pesant sur le capital et les entreprises, l'état n'a d'autre choix que de faire lui même les efforts de productivité et d'ingéniosité que fait en permanence le privé.
André Moguérou évoque une réorganisation complète de l'état et des collectivités locales, qui
permettrait d'économiser chaque année des dizaines de milliards en éliminant les doublons de
compétences et en supprimant nombre d'interventions mieux assurées par le secteur privé. La
simplification du millefeuille administratif français, tarte à la crème de notre vie politique,
toujours annoncée, jamais mise en oeuvre, est désormais une absolue nécessité, à commencer
par la suppression des départements. Aujourd'hui, chaque entité veut créer de nouveaux
impôts. Dernière idée en vogue chez certains élus locaux: la région voudrait que le « versement
transports » soit étendu à toutes les entreprises, y compris en milieu rural, pour financer les
transports publics régionaux. Les entreprises disent STOP ! Simplifions le millefeuille administratif
et l'incompréhensible lasagne fiscale qui l'accompagne.

En outre, il faut oser casser les tabous de l'état providence: est il normal qu'une famille avec deux
enfants gagne autant, voire plus, en bénéficiant d'aides sociales et de tarifs sociaux préférentiels,
qu'une famille où l'un des adultes choisirait de travailler au SMIC ? Le PLD appelle à une refonte
complète du duo « fiscalité-aides sociales » pour que le travail soit récompensé, et que les
familles ne soient plus tentées de s'enfermer dans des trappes à la pauvreté qui, à terme, sont
destructrices.

Conclusion :
Toutes ces propositions ne sont pas nouvelles mais restaient jusqu'ici confinées dans le milieu
académique. Le milieu politique traditionnel ne connaît pas l'entreprise, il en a même peur.

Isabelle Mérand et Laurent Revranche, dirigeants locaux de l'UDI, sont chefs d'entreprise.
Mais au sommet de la politique française, de tels profils sont trop rares. Or, la crise ouvre une fenêtre d'opportunité unique, pour les entrepreneurs et cadres, de se faire entendre.
Le PLD appelle les forces vives, dirigeants et cadres, à s'engager avec une force politique nouvelle et à leur écoute, pour qu'enfin des mesures rétablissant la confiance en l'avenir soient proposées aux français, par des gens qui comprennent la réalité de l'entreprise.

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