mardi 16 février 2016

Un Etat défaillant qui fragilise nos libertés

Par Aurelien Véron, président du Parti Libéral Démocrate

Etat d'urgence, loi renseignement, déchéance de la nationalité,
le gouvernement non seulement fait preuve d'inefficacité

mais surtout affaiblit la garantie de nos libertés.

Le pouvoir sabote peu à peu l'Etat de droit garant de nos libertés et de notre sécurité juridique et physique. Il profite de la passivité, voire de la complicité de l'opposition. Je ne peux me résigner à cette dérive sécuritaire.
Le devoir moral de tout défenseur de l'Etat de droit exige de s'opposer aux amendements constitutionnels votés par le Parlement ces jours-ci et à la prolongation indéfinie de l'état d'urgence. Tout comme s'opposer à la loi renseignement dont vient d'être publié le dernier décret d'application permettant désormais à l'Etat d'espionner nos connexions internet et téléphoniques. De quoi fracasser nos vies privées tout en saturant les services de renseignement de fausses alertes. Il est vital de lutter contre les mesures sécuritaires dont l'aspect spectaculaire vise à cacher l'inefficacité et le caractère néfaste pour notre sécurité. C'est pourquoi j'ai déposé mi-janvier, au nom du Parti Libéral Démocrate (PLD) que je préside, un recours auprès de la Cour européenne des Droits de l'Homme contre ce croisement entre Big Brother et la Ligne Maginot, monstruosité sans équivalent dans une démocratie digne de ce nom.
Les parlementaires devraient discuter en ce moment des moyens humains et financiers de la justice (au budget inférieur à celui de la culture !), des forces de renseignement et de sécurité, et non de la déchéance de nationalité. Qui peut croire que cette mesure dissuadera des djihadistes aspirant au martyr, ou qu'elle sera considérée comme une sanction par des gens qui abhorrent leur pays ?
Et si un terroriste n'est pas digne d'être français, un tueur de droit commun le serait-il davantage ? J'entends déjà des élus proposer d'étendre cette notion nauséabonde « d'anti-France » à d'autres crimes ou délits. Cette banalisation rampante du rejet (vers quelle destination ?) ne traite pas les causes du fléau.
Comme l'a bien résumé le ministre Emmanuel Macron, « on ne traite pas le mal en l'expulsant de la communauté nationale ».

 

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