vendredi 13 mai 2016

L’héritage Mitterrand : Etatisation, fiscalité et endettement ---


Mitterrand, une parenthèse libérale vite refermée

Publié le 10 mai 2016 dans Contrepoints

Si Mitterrand ouvre une petite parenthèse libérale dans le domaine des mœurs, c’est pour mieux préparer la route de la servitude que nous connaissons encore aujourd’hui.
Les socialistes ne cessent de se référer à leur parrain – dans tous les sens du terme – historique, François Mitterrand. Ce 10 mai, nous fêtons les 35 ans de son arrivée au pouvoir à la tête d’une gauche unifiée sous la bannière d’un marxisme décomplexé.
Ce fut la première alternance digne de ce nom, mais aussi la dernière tant la droite poursuivit son travail de sape de notre économie et de nos libertés. Nationalisations, abaissement arbitraire et uniforme de la durée légale du travail et de l’âge de départ à la retraite et ouverture des vannes de la dépense publique. Rapidement, l’économie du pays se retrouva plombée par les orientations catastrophiques de François Mitterrand.
Fiscalité et endettement, l’héritage Mitterrand
L’arrêt de cette fuite en avant collectiviste eut lieu en 1983 et se traduisit par une modération transitoire d’une tendance qui ne s’est jamais interrompue depuis lors. La fiscalité et l’endettement ont ensuite poursuivi leur ascension de manière ininterrompue malgré les timides efforts entrepris durant ce qui a été abusivement qualifié de « tournant de la rigueur ».
L’étatisation rampante de pans entiers de la société ne reculera plus. La confusion toxique entre justice et morale ne cessera de prendre de l’ampleur. L’État n’a cessé de dicter aux Français ce qui est bien ou mal pour eux avant de leur imposer des choix de vie et des valeurs de façon autoritaire et paternaliste. Paradoxalement, ce mélange des genres s’est accompagné d’une multiplication de scandales d’une gauche découvrant le pouvoir et ses vices.
Bernard Tapie fut l’ami du président (amitié gratifiée de précieux avantages), les délits d’initié et la corruption explosèrent avec l’implication de plus en plus massive et brutale de l’État dans l’économie. Que les entreprises soient nationalisées ou privatisées, le capitalisme de connivence à la française entretient des passerelles douteuses. Anecdote illustrant bien cette dérive générale, l’homme des coups tordus Roland Dumas est parachuté à la tête du Conseil Constitutionnel. Il a reconnu il y a peu avoir validé les comptes de campagne des deux finalistes de la présidentielle de 1995 alors qu’ils avaient largement franchi les limites fixées par la loi. On imagine le reste… Les années Mitterrand sont avant tout celles de la manipulation des foules et de la triche de grande ampleur.
La parenthèse libérale
Certes, François Mitterrand ouvre indéniablement une parenthèse libérale avec l’abolition de la peine de mort, la fin du monopole des médias audiovisuels et la fin des discriminations contre l’homosexualité (le 12 juin, l’homosexualité ne figure plus dans la liste des maladies mentales). Réformes auxquelles nous devons ajouter celles entreprises par Pierre Bérégovoy de 1984 à 1986 qui favorisent une meilleure circulation des capitaux, préalable incontournable au développement des activités économiques sur le territoire. Cette courte ouverture se referma vite.
Les leviers d’émancipation des individus retournant à leur fonction d’outil de propagande au service de l’État et de la majorité au pouvoir. Du sursaut culturel à la culture d’État, les Français subissent un vrai travail de rééducation collectiviste qui passe d’ailleurs par l’école. Pire, l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme divise comme prévu la droite en faisant monter un Front national infréquentable. Cette stratégie fragilise longtemps la droite avec des triangulaires mortelles… jusqu’au jour où, à force de jouer avec le feu, le Front National capta l’électorat populaire de la gauche en changeant sa ligne économique.
Les années Mitterrand ont embarqué les Français sur une voie sans issue, la route d’une servitude volontaire dont le pays ne sortira qu’avec le retour d’un nationalisme menaçant… ou l’arrivée au pouvoir d’une Margaret Thatcher capable de rompre avec cette trajectoire mortifère. D’ailleurs le 4 mai, nous fêtions les 37 ans de son arrivée au pouvoir.
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