vendredi 30 décembre 2016

La France a besoin de plus de liberté et de moins d'étatisme ---



Make France Free Again… in 2017 ! 

Paru dans atlantico le 29 décembre 2016

L'un des principaux problème de la France reste son manque de liberté, d'une manière générale. La libéralisation de notre vie politique, de notre modèle social, de notre économie, sont des conséquences essentielles au bonheur de tous.

Devons-nous être optimistes au terme de l'année sombre qui se termine, peut-être la plus sombre d'une longue série ? Au moment de réfléchir aux vœux qu'il me faudrait formuler pour 2017, je ne peux oublier le 14 juillet ensanglanté et le moral en berne des Français. Les terroristes en goguette peuvent zigzaguer sur notre territoire après leurs attentats, pourvu qu’ils ne se fassent pas flasher sur autoroute. Plutôt que d'affronter des enjeux autrement plus essentiels, la France affolée s'est déchirée tout l’été autour d'un burkini pourtant quasi-absent de nos plages. Sans bruit et malgré les dizaines de milliards dépensés chaque année dans la planification du logement, la pauvreté et le logement précaire - près de 4 millions de mal-logés et 600 bidonvilles - se sont aggravés. Le timide reflux du chômage - hélas simple jeu d'écritures comptables - ne parvient pas à masquer le carnage social causé par ce fléau endémique. Quant au monde proche qui nous entoure, il ne va pas tellement mieux.
Fracturée par la faillite lente de la Grèce et l'incendie monétaire nourri par la BCE, l'Europe ressort encore plus fragilisée par le Brexit inattendu. Nous sommes plus désarmés que jamais face à la montée des périls extérieurs, à commencer par le putsch islamisto-nationaliste d'Erdogan renforçant son pouvoir sur la Turquie aux portes de l’Europe. Inutile de poursuivre, la liste est trop longue. Pourtant, une petite différence permet de relever la tête. Les Français semblent de plus en plus attirés par les figures promouvant la rupture avec notre vieux modèle social d'après-guerre, d’Emmanuel Macron à gauche à François Fillon à droite. Pourquoi ne pas rêver un peu à la veille d'une année charnière qui pourrait voir les changements tant espérés arriver enfin ?
 
Le retour de la France sur la scène internationale est attendu par tous depuis qu'elle s'est progressivement retirée de tous les radars. Après la léthargie chiraquienne, l'agitation stérile sarkozyste et l'implosion molle hollandiste, la vague Le Pen semblait inéluctable. Non pas tant pour le projet frontiste que pour le coup de balais qu’il nous promettait.
La victoire – elle aussi totalement inattendue -de François Fillon a rompu l’ascension sans limite que connaissait la candidate d’extrême droite. De nombreux électeurs exaspérés ont soudain pris conscience qu’ils pouvaient ignorer de la déviance sondagière de la presse parisienne jouant ses propres pions et prendre leur décision en toute indépendance.
Pour ceux qui commençaient à en douter, un candidat austère et constant dans ses convictions peut être choisi sur son programme plutôt que sur ses bons mots, le buzz continu et toutes les astuces de communication habituelles – en fonction du vent - qui faisaient le succès des vainqueurs précédents. Ce profil est un bon socle sur lequel fonder des espoirs solides. Alain Afflelou a bien avoué qu’en cas de victoire de l’ancien Premier ministre, il était "prêt à revenir en France". Combien d’autres entrepreneurs, combien de sportifs, d’acteurs et d’investisseurs sont prêts à prendre la route du retour pour dépenser à nouveau sur notre sol, pour investir dans nos entreprises et redonner le goût de l’initiative et la niaque aux Français ?
Mes trois vœux pour notre pays et les Français sont simples : je nous souhaite à tous un Etat qui protège enfin nos vies et nos droits, une école qui rompe les déterminismes et prépare nos enfants à choisir leur destin librement, faire de la France le pays le plus libre de toute l’Union européenne. J’y crois pour ma part, et je veux y croire car comme disait Margaret Thatcher : "TINA ! There is no alternative". Un échec après une telle bouffée d’oxygène plongerait le pays dans une atmosphère de dépression propice à des explosions incontrôlables de citoyens désespérés.
Je souhaite que le prochain gouvernement ait le courage de réformer en profondeur les administrations publiques en les convainquant que c’est aussi dans leur intérêt. Recentrage de son périmètre d’action, refonte de son organisation pour une vraie fluidité au service de l’innovation et de la performance. C’est à ce prix que l’État retrouvera la capacité d’assurer la protection des Français contre la menace terroriste, contre la violence des bandes qui prolifèrent dans les zones de non-droit, contre la banalisation de la brutalité dans la rue. 
L’État ne peut continuer à dépenser autant dans la culture – au prix de sa soumission et de sa bureaucratisation – que dans la Justice. Il ne peut être obnubilé par son prélèvement – profondément inutile - à la source et à ignorer la désorganisation de la lutte contre le terrorisme avec sept services qui ne travaillent pas ensemble et des fichiers que personne ne recoupe. Il ne peut se charger de notre rééducation - alimentaire, comportementale, morale… - continuelle alors qu’il est incapable de s’astreindre à la moindre rigueur, au moindre effort sur lui-même. Il ne peut prétendre nous protéger quand il viole nos droits chaque année un peu plus au gré des lois intrusives et aveuglément répressives qui n’atténuent pas le moins du monde la menace terroriste qu’elles prétendent combattre. Bref, ce n’est plus aux citoyens d’obéir aux lubies arbitraires d’un État nounou mais à l’État de revenir au service des citoyens.
Mon deuxième souhait concerne l’École. Elle coûte cher à tous, aux contribuables qui la financent, aux enseignants qui subissent son carcan bureaucratique et la succession ininterrompue de réformettes bricolées, aux enfants qui sont de moins en moins formés et préparés à prendre leur destin en main. Le coupable principal, nous le connaissons tous sans oser le nommer – à part Claude Allègre dont les syndicats ont vite eu la peau -, c’est l’Éducation nationale. Aucune organisation centralisée gérant la vie et le destin de plus d’un million de travailleurs – et de 12 millions d’élèves captifs - n’est jamais parvenue au moindre succès. L’échec est inhérent aux monstres bureaucratiques. Qui peut imaginer qu’un enseignant mal formé, mal rémunéré, maltraité dans sa mobilité apprendra à nos enfants à aimer l’école, à prendre des initiatives et à se préparer à l’ouverture sur le monde ?

"Another brick in the wall !" Je souhaite une véritable transformation de l’Ecole par le bas, en partant des enseignants eux-

Article d'Aurélien Véron paru dans atlantico le 29 décembre 2016

mercredi 28 décembre 2016


Quel avenir pour l'Education nationale en 2017 si François Fillon est élu ?
Paru dans les Echos le 19 décembre 2016

On ne peut qu’être d’accord avec la priorité identifiée par François Fillon : FAIRE . Que de temps perdu ! Et l’ancien ministre de l’Éducation nationale est bien placé pour en juger. Pour comprendre ce qui sous-tend le projet Éducation de François Fillon, il est indispensable de tenir compte de son expérience passée.
En 2004, à sa demande, une concertation de grande ampleur, tout à fait exemplaire, est organisée dans les établissements scolaires, et donne lieu à la Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école du 23 avril 2005 devant réformer en profondeur le système éducatif français. Mais François Fillon doit quitter, contre son gré, le ministère de l’Éducation nationale. Gilles de Robien lui succède. C’est donc lui qui mettra en oeuvre cette loi dite "loi Fillon". Cette formulation permet sans doute de passer sous silence qu'elle est d’inspiration européenne ! Le grand public l’ignore encore.
Le " socle commun de connaissances, de compétences et d’attitudes", introduit dans la Loi de 2005, présente ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. Publiées au Journal officiel de l’Union européenne, le 30 décembre 2006, les compétences-clés constituent un cadre de référence européen et sont définies comme nécessaires à tout individu pour son épanouissement et son développement personnel, pour une citoyenneté active, enfin pour l’intégration sociale et l’emploi.
Le cadre de référence décrit 8 compétences clés : la communication dans la langue maternelle, la communication en langue étrangère, la compétence mathématique et les compétences de base en sciences et technologies, la compétence numérique, l’apprendre à apprendre, les compétences sociales et civiques, l’esprit d’initiative et d’entreprise, la sensibilité et l’expression culturelles.
En France, Inspection Générale et/ou Haut Conseil de l’Éducation décident de supprimer d’emblée "l’apprendre à apprendre" ! Et de ne conserver que 7 piliers sur les 8 préconisés. Ils transforment aussi l’"esprit d’initiative et d’entreprise" en "initiative et autonomie". Très révélateur ! Entrepreneuriat et entreprise sont alors des termes tabous à l’EN.
Gilles de Robien présente, à juste titre, cette loi comme une révolution copernicienne. Il s’agit, en effet, de faire comprendre à tous et surtout à l’Inspection générale que l’enseignement " centré sur l’objet à étudier" doit céder la place à un enseignement "centré sur le sujet qui apprend".
Cette Loi de 2005 prône donc l’interdisciplinarité. Mais, en 2007 le nouveau ministre nommé par Nicolas Sarkozy s’empresse de céder sur de nombreux points qui constituent l’armature de l’organisation à mettre en place. On ne tarde pas à lire dans un rapport de l’Inspection générale que ces compétences, dites "clés" ne s’accordent pas avec la mentalité française !
Le 10 sur 20 en langues vivantes sera donc vite transformé en "A2", sans qu’il soit nécessaire de prendre en compte l’évaluation des 5 compétences requises… on comprend mieux pourquoi les compétences des élèves français en langues étrangères demeurent au plus bas niveau.
En 2012, le ministre socialiste nouvellement nommé met en place une énième commission chargée d’élaborer une "Refondation de l’école" ! Nous nous éloignons, à grands pas, des pratiques européennes qui font leurs preuves ailleurs et, comme l’indique le diagnostic de François Fillon : " Derrière le modèle d’excellence et d’égalité de l’école de la République, se cache un modèle inégalitaire" : " décrochage scolaire (pas seulement dans les banlieues), chômage des jeunes…" qu’il explique, à juste titre, entre autres par "la révolution technologique qui n’a pas délogé les connaissances au profit des compétences", les structures du système éducatif, "la prolétarisation mystique des enseignants".

Le programme de François Fillon s’appuie sur 3 axes : Liberté, Diversité, Autorité

Commençons par l’autorité. Par autorité, François Fillon traduit ce qu’ailleurs, l’on nomme "Leadership", or les Français - jusqu’à maintenant – n’aimaient pas le "leadership", même au sommet de l’État, comme ils l’ont montré en 2012. Dans le microcosme de l’Éducation nationale, encore moins qu’ailleurs ! En revanche, on aime les discours sur l’autorité : parents et enseignants – nostalgiques de l’école d’hier – lui vouent un pouvoir incantatoire.
Par leadership, on entend à la fois, décentralisation, responsabilisation des acteurs à tous les niveaux : Région, établissement, salle de classe, etc. Il s’agit pour un président de la République de donner le pouvoir d’agir à ceux qui mettront en place les réformes radicales dont la France a besoin. Pour ce faire, tous les personnels, et notamment les enseignants, doivent être recrutés sur des compétences nouvelles devenues indispensables.
François Fillon propose, comme c’est le cas dans les pays voisins, " des stages dans un établissement scolaire dès la première année d’université aux étudiants qui envisagent d’être enseignants..." C'est ensuite en partie sur la base des compétences révélées sur le terrain qu’ils devraient être recrutés ou non, comme en Finlande.
L'"autonomie" se retrouve dans presque tous les programmes politiques, mais pour François Fillon, elle semble toutefois précisée par deux termes, Liberté et Diversité : " Le collège permettrait ainsi l’approfondissement des savoirs fondamentaux et l’ouverture sur le monde (langues, économie, numérique, environnement)". Sa volonté de libérer et de diversifier semble aller jusqu’à accorder à tout établissement un réel pouvoir de décision sur l’agencement des heures par rapport aux programmes nationaux, sur la gestion financière et celle des ressources humaines.
Relevons la pertinence de certaines mesures mentionnées dans son programme :
- Une scolarité obligatoire à partir de 5 ans
- Une interdisciplinarité au collège favorisée par la bivalence des professeurs.
- La fin des 4 mois de vacances avec compensation salariale, mesure qui favorisera l’équité, car les vacances scolaires ne sont pas pour tous les élèves des moments d’épanouissement.
- Davantage de contrôle continu pour " le brevet, nécessaire pour poursuivre au lycée, qui devrait effectivement attester de la maîtrise du socle commun de connaissances et pour le baccalauréat, qui devrait être plus solide dans son contenu et plus simple dans son organisation".
- Rétablissement de la note vie scolaire : les compétences relationnelles font partie des compétences-clés.
- Revenir sur les aberrations du quinquennat 2012-2017 : extension des classes européennes, bilangues, internationales.
François Fillon veut "une politique d’innovation autour du numérique". Nous lui suggérons de faire de la France un relai essentiel dans " l’Agenda européen des nouvelles compétences clés" , un membre actif dans la "Coalition de l’Union Européenne pour les STEM (Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques)". Le " Pacte Européen pour la jeunesse" , les projets de la Banque Européenne d’Investissement ont vocation, non pas à rester à la marge du système scolaire, mais à être intégrés dans le système éducatif.
Certaines mesures préconisées par François Fillon rencontrent une hostilité infondée :
- Les établissements privés ne devraient plus être considérés comme une voie de contournement, car le libre choix des familles devrait prévaloir, comme dans de nombreux pays.
- La présidence des conseils d’administration n’a pas à être nécessairement confiée au chef d’établissement, à partir du moment où il cesse d’être un simple "gestionnaire" et où il est – enfin – en charge du management des équipes et du leadership de son établissement, car il ne peut être alors juge et partie.
- Port de l’uniforme : il pourrait contribuer à permettre aux élèves, d’identifier l’établissement scolaire, non plus comme un lieu de passage obligé, mais comme une organisation où chacun est là pour apprendre, dans laquelle chacun a sa place, un rôle dans une équipe, qui a choisi son projet d’école.
En conclusion, formulons un voeu : que François Fillon aille encore plus loin dans son projet au service des jeunes générations. Fort de la confiance qu’il inspirera aux Européens en s’attaquant – enfin – aux réformes structurelles dont le pays a besoin, il n’est pas impossible qu’il puisse aussi insuffler en Europe "l’envie de se concentrer sur quatre ou cinq priorités stratégiques". Souhaitons que dans ces priorités figure en bonne place, l’emploi et la formation.

Article de Nelly Guet, consultante en éducation et membre du Parti libéral démocrate européen (ALDE), paru dans les Echos le 19 décembre 2016

lundi 26 décembre 2016


Des candidats libres aux législatives dans quelques mois ? 

La présidentielle 2017 s’annonce sous des auspices plus libéraux que personne ne l’envisageait début 2016. Pas même au sein du Parti Libéral Démocrate. Nous avons été heureux de constater que deux grands candidats  - l’un issu de la droite, l’autre de la gauche - ont répondu au goût pour la liberté profondément ancré dans dans l’opinion publique. Ils ont timidement accepté l’étiquette libérale, malgré les récriminations des syndicats, des corporations et d’une presse parisienne profondément étatiste.

Cette présidentielle nous promet donc une lutte féroce opposant une gauche dirigiste et socialiste à Emmanuel Macron, et une droite nationaliste et protectionniste à François Fillon. Nous craignons pourtant que cette évolution de l’échiquier politique ne s’arrête court. Plus Emmanuel Macron dévoile le détail de son programme, plus la teinte socialiste de son camp refait surface.
Plus François Fillon va avancer dans la campagne, plus il va devoir concéder à son camp des reculs sur des réformes ambitieuses comme il le fait sans doute avec l’assurance maladie. 

Voilà pourquoi le débat public a besoin de nous pour rappeler la nécessité de transformer profondément notre système social en faillite, plutôt que d’opérer un simple ravalement de façade. Depuis 10 ans, le Parti Libéral Démocrate insiste sur la nécessité de mettre fin au monopole de l’assurance-maladie quasi publique, tout en maintenant l’universalité d’une couverture.
Depuis 10 ans, le PLD explique pourquoi notre système de retraite ne sera pas durable tant qu’il n’ouvrira pas les mêmes droits à tous et qu’il ne comprendra pas un pilier de capitalisation. Depuis 10 ans, le PLD défend la réforme du périmètre et de l’organisation de l’ État: dépenser moins, dépenser mieux et combler les défaillances sur les missions régaliennes. Enfin, si une grande réforme de l’Ecole est à nouveau annoncée, elle devra passer par davantage que le retour des uniformes : une réelle autonomisation des chefs d’établissements scolaires, y compris concernant les recrutements d’enseignants. Les lendemains de l’élection de 2007 nous ont montré à quelles cruelles désillusions nous pouvions nous attendre. 

Cette année 2016 n’a pas été simple pour nombre d’entre vous qui nous ont exprimé votre désarroi en découvrant les choix de leurs représentants au Conseil national. Nous prenons des risques, c’est le propre des libéraux. Nous savons aussi admettre nos erreurs et en tirer des leçons pour avancer. Dans les prochains mois, nous soutiendrons les propositions libérales de tous les candidats à la présidentielle qui nous sembleront aller dans le bon sens. Ainsi, en plus de promouvoir les priorités du PLD, nos candidats aux législatives s’engageront devant leurs électeurs à soutenir les réformes du vainqueur que nous estimerons positives.

Notre indépendance face au rouleau compresseur des grands partis a un prix, celui de votre soutien. En cette fin d’année, vous pouvez renforcer les moyens de notre action et celle de tous ceux qui défendent les couleurs de la liberté sur le terrain. Par chèque à l’ordre de l’Association de Financement du Parti Libéral ou en ligne sur notre site, tous vos dons seront déductibles à hauteur de 66% de votre impôt sur le revenu, prélèvement à la source ou non. Sur 100 euros versés, vous n’en débourserez que 34. Nos fédérations et nos candidats ont besoin de vous. A la veille d’une vague de promesses dont nous devrons nous assurer qu’elles sont tenues, le pays a besoin d’un phare politique capable de tenir le cap de la liberté.

Amitié libérale,

Aurélien Véron.

Président.

Pour faire un don au PLD, c'est ici.





Le libéral est-il une espèce en voie de disparition ? 

Alors que les sociétés occidentales traversent pour beaucoup une période de fortes turbulences politiques, économiques et sociales, la voie du libéralisme politique et économique pourrait constituer une bouée de sauvetage bienvenue pour ces sociétés.

Publié par atlantico le 22 décembre 2016

C'est l'impression qui ressort de la consultation quotidienne de la plupart des médias français. Cela dit, les subventions dont les groupes de presse bénéficient ne favorisent ni leur émancipation, ni leur lucidité. Aucun d’entre eux ne croyait au Brexit, pas plus qu'à l'élection de Donald Trump. Pourtant, les Britanniques ont clairement manifesté leur envie de reboucher le tunnel sous la Manche, et les Américains d'ériger un mur les coupant de leurs voisins du sud. Deux pays à l'économie solide et proche du plein emploi tremblent devant le péril de l'étranger. Les Italiens nous ont joué la commedia dell’arte en votant CONTRE la réduction du nombre de leurs élus – incroyable - et la suppression du pouvoir de nuisance du Sénat. Ils voulaient juste faire tomber leur Président du conseil. Mission réussie.
La vague ne s’arrête pas là. Les mouvements eurosceptiques et anti-immigration AFD en Allemagne et Parti pour la Liberté - qui n'a de liberté que le nom - aux Pays-Bas ne cessent de progresser dans l’opinion de leur pays. En France, le Front National a longtemps caracolé en tête des sondages. Cette culture des murailles est-elle une fatalité ? Cette montée des populismes ne traduit-elle pas au contraire une soif irrationnelle - et paradoxale - d'oxygène, même si ces partis ont tout sauf notre liberté en tête ? Après tout, les populistes ne sont pas les premiers coupables. Les prédécesseurs de Donald Trump ont mené plusieurs guerres dans des régions où ils n'avaient rien à faire, engendrant une haine de l’Occident, et laissant s’opérer – certes malgré eux – des massacres de civils voire des génocides, ils ont construit Guantanamo, soutenu l’Arabie saoudite, instauré le Patriot Act et violé les droits de leurs propres citoyens ainsi que ceux des Européens (qui n'ont hélas pas réagi).
Les gouvernements français successifs n'ont pas été les derniers à s'attaquer à nos libertés. Tous, de droite comme de gauche, violent depuis longtemps et sans scrupule les droits des Français qu'ils sont censés protéger. Nos comptes bancaires ont été placés sous étroite surveillance tandis que nous avons subi, dorénavant pieds et poings liés, une hausse massive et ininterrompue de la pression fiscale pour financer l’incurie budgétaire des administrations publiques. Un empilement de lois et règlementations astucieusement promues comme outils de lutte anti-terroriste permet à des administrations - dont certains anciens patrons actuellement poursuivis semblent loin d'avoir consacré leur vie à l'intérêt général - de lire nos mails, d'écouter nos conversations téléphoniques, de placer des caméras à notre domicile et de nous pister sans cadre judiciaire particulier. Vous êtes militant politique ou syndicaliste ? Tremblez, vous êtes sans doute fiché S. Avocat ou journaliste ?
Le secret professionnel de votre profession est de plus en plus chimérique. Mais combien de voix se sont élevées pour s'en plaindre à l'Assemblée nationale ?
Les périls existent, comme nous le rappelle tristement l'attentat à Berlin. Les réponses du gouvernement sont loin d’être à la hauteur des enjeux, en particulier en masquant le chaos entre les services de lutte contre le terrorisme par des effets d’annonce et le prolongement de l’état d’urgence. Gardons à l'esprit que les jeunes délinquants qui s'engagent dans le terrorisme islamiste – souvent sans n'avoir jamais ouvert un Coran - ont grandi dans nos banlieues dépotoirs, fruits de la planification urbaine par l’Etat, d’une bureaucratie scolaire en déclin et d'une économie socialiste produisant depuis des décennies un chômage de masse. Nous sommes d’ailleurs nombreux à penser que les concepteurs de ces enfers péri-urbains encore en vie devraient être condamnés à - quitter leur appartement de fonction dans le 7ème arrondissement et à - y vivre le restant de leurs jours. A cause de ces générations successives de politiques et de bureaucrates au service de l’Etat, notre pays vit le même effondrement que l'Union soviétique, mais au ralenti.
Le taux de suicide élevé, la consommation record de drogues diverses, de médicaments et d'anxiolytiques complètent le portrait d'une France déprimée, voire dépressive. Ce n’est pas étonnant quand nous observons à quel point nous sommes entourés, voire encadrés dans nos choix quotidiens. Des publicités de divers ministères et collectivités territoriales nous rappellent constamment qu’il y a de bons citoyens, ceux qui se déplacent en mode de transport "doux" (vélo ou transport en commun), qui se nourrissent de façon équilibrée, qui ne donnent même pas une tape à leurs enfants qu’ils laissent dans l’école publique pour la mixité sociale, qui suivent les médias d'Etat, aiment les syndicats, dénoncent leurs voisins... Et  ceux qui pourraient être fichés dans une liste « anti-France » si elle existait : le public de droite - "obsédé par l'argent", c'est bien connu -, les individualistes qui croient en la société civile plus qu’en l’Etat, ceux qui critiquent les impôts, qui ont la foi, qui aiment l'entreprise, prennent des risques et vivent l’aventure.
L’honnête citoyen – au sens où l’entend l’Etat nounou - est un grand enfant calme et soumis. Le libéral est indépendant et tumultueux. Il s'indigne des dérives d’un Etat devenu le dieu d'une nouvelle religion dont nombre de fonctionnaires et leurs syndicats sont les pasteurs autoritaires. Les premiers révolutionnaires de 1789 étaient des libéraux, à l’instar de ceux des prochaines révolutions. Ils sont les acteurs des mutations technologiques qui changeront le monde de demain : production d’énergies renouvelables et propres, nouvelles formes d’enseignement et d’apprentissage grâce aux nouvelles technologies, substitution de nouveaux outils performants aux Etats régaliens inefficaces ou abusifs pour assurer la protection de nos droits, de nos richesses et de notre vie privée, nouvelles formes de solidarité, modification et décentralisation des pratiques démocratiques, évolution du travail et des modalités d’échange, transhumanisme…
Les libéraux ne voient pas le monde comme une source de déclin et de menaces, contrairement aux réactionnaires – essentiellement situés aujourd’hui à gauche de la gauche -, même s’ils ne nient pas les dangers qui nous menacent. Ils cherchent constamment à découvrir de nouveaux territoires, à innover. Ils défendent le renforcement spontané des liens qui assurent la cohésion d’une société ouverte, par les citoyens qui la composent d’en bas plutôt que par l’arbitraire de ses dirigeants. Ils ne cherchent pas à protéger les gens contre eux-mêmes en les déresponsabilisant mais au contraire à permettre à chacun de chercher son propre bonheur, fût-ce au prix de quelques vices et travers. L’humanité verra toujours s’opposer ceux qui pensent pouvoir calibrer un bonheur collectif – menu unique pour tous - à ceux qui protègent la liberté de chacun – menu à la carte - de construire son propre destin.
De même que nos bien-pensants anti-libéraux ont été surpris par les derniers scrutins italien, américain et britannique, ils semblent tout autant désarçonnés par l’émergence de « grands candidats » qui acceptent l’étiquette libérale en France, Emmanuel Macron à gauche, François Fillon à droite. A croire que les Français ont gardé une petite lueur libérale au fond d’eux-mêmes malgré l’effort constant de rééducation par les grands médias, l’Education nationale, les dirigeants politiques issus du même sérail, les corporatismes et toutes nos institutions toutes plus anti-libérales les unes que les autres. La liberté a connu l’hiver rigoureux de la pensée officielle en France, elle devrait bientôt éclore et retrouver sa vivacité au cours du printemps qui s’annonce. Les libéraux sont plus vivants que jamais.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 22 décembre 2016

samedi 3 décembre 2016

Les Français devront apprendre à vivre sans "l'état providence" ---



Fillon vainqueur de la primaire : qui du renard libre ou du fermier menace le plus le poulailler libre ?

La victoire de François Fillon à la primaire de la droite a engendré une grande levée de boucliers chez de nombreux observateurs inquiets de voir leur cher Etat-providence menacé par un tel candidat.

Publié par atlantico le 1er décembre 2016

La presse est unanime : le renard rôde dans le poulailler. Depuis que François Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre, la menace revient en lame de fond. De cet ultra-libéralisme conquérant, on entendrait presque mugir les féroces soldats qui viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. La gauche sonne le tocsin. Les centristes – dont personne ne connaît le programme, en ont-ils un ? - aimeraient bien sonner aussi le tocsin mais ils jouent leur survie avec cette victoire inattendue d’une figure des Républicains qu’ils avaient enterrée un peu tôt. Les jeunes UDI ont rejoint l’autre labellisé "libéral", Emmanuel Macron, tandis que les plus vieux se voient contraints de rallier celui qu’ils dénonçaient hier comme ultra-libéral - et ultra-conservateur en bonus, ça ne mange pas de pain - pour avoir l’assurance d’être réélus. Décidément, le renard va avoir un Noël bien garni.
Premier paradoxe : ceux qui hurlent après la menace quasi-terroriste du libéralisme galopant sont aussi ceux qui dénoncent la dérive libérale du pays depuis 20 ans. Il faudrait savoir. Si nous sommes déjà sous l’emprise des affreux libéraux, le pire est déjà là. Quelques indicateurs nous permettent d’en douter. L’Etat et ses satellites dépensent 57% de toute la richesse produite en France, plus de 5 millions de fonctionnaires au statut d’intouchables, une école à l’organisation quasi-soviétique, une assurance-maladie monopolistique, une retraite quasi-exclusivement par répartition, une liberté d’expression bridée, une absence criante de séparation des pouvoirs, planification du logement - un logement sur cinq est "social" -, un hygiénisme d’Etat-nounou qui s’est approprié les règles de notre bonheur depuis bien longtemps.
Les faits sont là, l’Etat français est un Etat socialiste : étatiste, liberticide, égalitariste. Sur cette mauvaise pente, nous risquons un jour un effondrement aussi brutal que la Roumanie sous Ceausescu. Au fléau de la pauvreté de masse, nous devons ajouter celui du chômage structurellement élevé, de l’exode des Français, du mal-logement, de la consommation record d’anxiolytiques - et de drogues -, un taux élevé de suicides, un ascenseur social en panne, une corruption galopante et des banlieues à l’urbanisme stalinien au bord de la guerre civile. Sans parler des jeunes qui trouvent dans le djihad un idéal désespérant à défaut de trouver matière à rêver dans notre république. Le poulailler France n’a pas pour premier ennemi le renard, mais bien le fermier - intrusif et planificateur. N’est-ce pas le thème de bataille de l’association L214 contre la maltraitance animale ?
Le second paradoxe de ces contempteurs du libéralisme, c’est qu’ils piétinent la liberté des citoyens en leur tenant un discours moralisateur qui leur fait croire que ces interdictions et ces charges les rendront plus heureux. Mais au fond, la liberté est-elle nuisible à l’Homme ? Il est vrai que c’est difficile de répondre après avoir été biberonné toute sa vie au tout-Etat. Lorsque le mur de Berlin est tombé, combien d’Allemands de l’Est savaient ce à quoi ressemblait l’Allemagne de l’Ouest ? La philosophie libérale promeut l’émancipation des personnes, la protection de leurs droits fondamentaux contre l’arbitraire et la violence – fut-ce celui ou celle d’un Etat prédateur –, l’égalité des chances et la poursuite individuelle du bonheur. Qui peut souhaiter le contraire ? Pourtant, cette pensée aussi riche qu’ancienne reste honnie par une petite caste parisienne qui se prétend éclairée, qui sait mieux que tous comment chacun doit vivre pour être heureux. Et qui reste hélas fortement dominante par son influence.
Lors de la bataille opposant Alain Juppé à François Fillon, certains journaux ont osé comparer le prétendu libéralisme de l’un à celui de l’autre. Qui peut déceler la moindre trace de libéralisme dans le projet d’Alain Juppé ? La vision de ce technocrate des temps anciens se voulait apaisée, progressive, en fait acceptable pour le système organisé de rentiers qui paralysent la France depuis tant d’années ! Ceux qui se sont déplacés ont exprimé un refus clair et net de cette "identité heureuse"… et stagnante. L’ordre établi ne pouvait perdurer à leurs yeux, d’autant que c’était eux qui en réglaient la facture. La liberté ne reviendra qu’au terme de combats difficiles avec les forces obscures du statu quo.
A l’opposé, la vision de François Fillon propose de réels changements, même s’ils restent modestes face aux enjeux. Si elle n’est pas profondément libérale, elle a l’audace de s’inspirer des pistes insufflées par d’authentiques libéraux. C’est vrai, il faut l’admettre : un programme libéral ne peut être tendre pour ceux qui vivent de leurs avantages chéris… et chèrement payés par les autres. Il ne peut tolérer qu’autant de monde vive de l’argent public sans n’avoir jamais de comptes à rendre, de remise en cause à faire, d’efforts ou d’évolutions à réaliser pour améliorer les services rendus aux Français. Un projet libéral vient bousculer une multitude de rentes, de privilèges, de connivences et d’ententes qui se font tous sur le dos du pays. Ce n’est pas un hasard si les libéraux parlent de "thérapie de choc", de "choc de confiance", de "choc fiscal". La France a besoin d’être secouée de sa torpeur, soignée de son mauvais gras, libérée de ses carcans qui la font mourir lentement. Et la période de sevrage n’est jamais agréable pour ceux qui ont été si longtemps des junkies de la dépense publique.
Les remèdes libéraux ne sont pas tendres pour ceux qui profitent du confort – parfois modeste mais toujours garanti – que leur offre – à nos frais – notre bureaucratie. La France qui bosse – et fait bosser son épargne – contre celle qui vit sur son dos grâce aux taxes et aux normes abusivement contraignantes imposées par des lobbies économiques proches du pouvoir. Ce n’est pas de l’égoïsme, contrairement à ce que prétendent les anti-libéraux de droite comme de gauche qui s’accrochent à leur univers privilégié et protégé. C’est la justice la plus élémentaire. Des alertes ont révélé que le niveau de saturation des citoyens avait franchi un seuil. Recul du consentement fiscal, saturation face à la multiplication des formes de harcèlement administratif, routier et autre. Des pigeons – qui sont vite rentrés dans le rang – aux bonnets rouges, les mouvements de contestation de citoyens ordinaires se sont multipliés récemment. Ils ne comprennent plus pourquoi bien plus de la moitié de la valeur de leur travail ou du revenu de leurs investissements sont ponctionnés arbitrairement par un Etat obèse qui leur rend – leur impose – des services si médiocres.
Pourquoi ne choisiraient-ils pas eux-mêmes leurs prestataires ? Quand les cliniques privées soignent mieux et offrent un meilleur accueil pour des coûts de 30 à 50% inférieurs aux coûts de l’hôpital public (qui accumule néanmoins 30 milliards de dettes), quand les écoles sous contrat produisent un enseignement de meilleure qualité pour un coût annuel moyen inférieur de 30% à celui de l’école publique – avec des enseignants souvent plus épanouis –, quand "leboncoin.fr" vous trouve un emploi plus rapidement que Pôle Emploi, la question du libre choix de son assurance-santé, de l’école de ses enfants et de la plupart des services non régaliens se pose avec acuité. Les temps changent, l’ère des monopoles se termine. Le renard semble bel et bien rentré dans le poulailler… mais celui des secteurs à l’abri de la concurrence, service public ou monopoles privés, qui encadrent et dégradent la vie des Français. Espérons que le vainqueur de la présidentielle, quel qu’il soit pourvu qu’il porte cette étiquette libérale, aura le courage de substituer un modèle économique et social libre, ouvert et concurrentiel à l’injustice d’un Etat-providence à bout de souffle.
Place à la concurrence, à l’innovation, à la liberté de choix. Arrêter "d’emmerder les Français" comme le clamait Georges Pompidou, c’est rendre leur liberté de choix aux Français, leur liberté de s’exprimer, avec intelligence ou non, leur liberté de vivre leur vie et leurs rêves – parfois leurs vices –, bref de choisir leur destin. L’Etat ne doit plus être là pour les juger, ni pour les "rééduquer", mais pour protéger leurs droits fondamentaux. Rien de plus.

Par Aurélien Véron, article paru dans atlantico le 1er décembre 2016
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